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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

Meemataï

 
    Le premier mot du talmud 
    est une question sur le temps : 
    Meemataï?  "à partir de quand?"


La question est la suivante : A partir de quand dit-on la prière [lit-on le chema] du soir? C'est la première michna



 L Le début du Traité Ta’anit (1-2) nous montre bien que selon les maîtres  talmudistes la Michna est très organisée et l’ordre dans lequel sont les phrases a un sens : ce qui est avant doit être avant et ce qui est après doit être après et donc ne peut être posé que si ce qui précède a précédemment été élucidé et confirmé.
Dans cet édifice la question « A partir de quand » incite dès le premier traité la Guemara à se demander comment il se fait qu’on ne demande pas d’abord autre chose. Dans Berakhot ce serait  « D’où sait-on qu’il faut réciter le Chema ? ». Dans Ta’anit la Guemara ne pose pas explicitement la question mais on pourrait de même se demander : « D’où sait-on que la pluie a un pouvoir ? ». L’autre question  serait « D’où sait-on que l’on doit  rappeler « les puissances (guevourot) de la pluie » ? »  Le Traité en 2A précise que l’on rappelle en trois occasions cette puissance : quand (et c’est dans la Amida) il est question de la résurrection des morts, quand  (et c’est également dans la Amida) il est question de la bénédiction des années, et dans la havddala quand il est question de l’Eternel « qui nous fait la faveur de nous donner de la connaissance ». Ceci répond aussi en partie à la question de ce qu’est la puissance de la pluie par association des idées. La Guemara précise encore plus explicitement en quoi la pluie peut être associée à l’idée de puissance (guevoura au pluriel). L’envoi de la pluie est associé à une grande chose par la succession des deux versets de Job 5,9-10. Le Talmud ajoute que cette puissance est au-delà de la compréhension des hommes.
  Finalement la Guemara explique pourquoi il y a une prière pour la pluie dans la Amida (prière debout), d’une façon qui précise ce qu’est entre autres la prière : la référence est deux versets qui se suivent du Deutéronome et que donc nous lions : 11, 13 et 14. Dans le premier verset il est question de la prière parce qu’il est question du service du cœur, et, dit le Talmud ici de façon très claire, le service du cœur c’est la prière, or dans le verset suivant il est question de la pluie que donnera l’Eternel. On en conclut qu’il y a un lien à trouver entre la prière et la pluie. Nous retrouverons plus loin cette référence au cœur dans une citation d’un psaume.
  Si nous en revenons alors à ce premier mot : « A partir de quand », nous voyons que la réponse est « à partir de la fête par excellence, à savoir soukkot (on ne mentionne ici cette fête que comme « la fête » : « ‘hag »). » Or cette fête est l’occasion de voir un de nos liens étroits avec la nature, comme liens « surnaturels » : en effet ce qui nous lie à la nature à quatre reprises est le jugement divin.
  Pour nous rappeler que tout est en ordre dans la Michna, la Talmud nous rappelle qu’il y a d’abord eu le traité Berakhot, puis le traité Roch Hachana (sur le premier jour de l’année) qui précède immédiatement et donc rend possible le traité ta’anit, notamment en ce qu’il ajoute (Michna de Roch Hachana 16A) : « en quatre occasions le monde est jugé, à Pessa’h au sujet des grains, à (Chemini) ‘atseret au sujet des fruits de l’arbre, à Roch hachana tout le monde passe devant Lui comme les enfants de Maron car il est dit (Psaume 33,15) « Celui qui rassemble leurs cœurs en les amenant à comprendre des choses sur toutes leurs actions », et lors de La fête (Soukkot) le monde est jugé sur les eaux ».Tout ce que le Traité ta’anit nous dit sur les jeûnes montre l’association entre le jugement de l’Eternel et sa bénédiction, notamment celle qui permet la pluie et donc empêche la misère, lorsque la pluie tombe à la saison des pluies. On pourrait même dire que le Traité montre que celui qui souffre est comme un homme qui jeûne et qui conduit l’Eternel à renouveler sa bénédiction (en donnant la pluie notamment). On voit aussi que le psaume confirme l’importance du cœur dans la prière. La prière, service du cœur, aide le cœur à se juger lui-même (c’est le sens étymologique du mot qui désigne la prière, « tefila » qui renvoie à « hitpalel »), et le jugement, notamment à soukkot, conduit à la bénédiction dont le symbole premier, est l’eau, sous la forme de la pluie, cette pluie qui va alimenter le mikvé et permettre le bain rituel et purficateur.

  Or au début du tout premier traité du Talmud, Berakhot, la réponse à « A partir de quand ? » était finalement : à partir du moment où les prêtres sortent du mikvé pour aller manger la terouma. Le cercle se referme ainsi et montre la solidarité des prières entre elles notamment de la Amida et du Chema.coirault-neuburger

La  pensée talmudique est une pensée de la question, et ce n'est certainement pas par hasard si le premier mot du Talmud est justement une question : Méématai : «A partir de quand ? »


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