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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

BAROUKH MORDEKHAI

        Hamane

POURIM:
Jusqu’à confondre BÉNI EST MORDÉKHAÏ, MAUDIT EST HAMANE!

En ce qui concerne le festin du jour de Pourim il est écrit : « Hayav Inich lévassoumé ad délo yada beyne Arour Hamane léBaroukh Mordékhaï - Un homme a l’obligation de s’enivrer à Pourim jusqu’à ce qu’il confonde « Arour Hamane » (maudit est Hamane) et « Baroukh Mordékhaï (béni est Mordékhaï) ».
Le Béour Halakha rapporte le H’ayé Adam qui explique :
Tout le miracle ayant été réalisé avec du vin, les sages nous ont donc ordonné de nous enivrer ou tout au moins de boire plus que d’habitude afin de commémorer le grand miracle.
Cependant celui qui sait que l’alcool va entraîner une négligence dans les Mitsvot comme Nétilate Yadayim, les Brakhot (bénédictions), le Bircat Amazone(Bénédictions finales après le festin), ou qu’il risque de ne pas faire Minh’a et Arvite, ou de se comporter avec frivolité : il est préférable qu’il ne boive pas…

Quel est le sens de cette Mitsva de s’enivrer à Pourim ?

Dans le Michna Broura il est écrit que « Arour Hamane » (maudit est Hamane) fait référence à la chute brutale d’Hamane, qui a constitué une grande vengeance contre lui et « Baroukh Mordékhaï » (béni est Mordékhaï)
 concerne la bénédiction divine que Mordékhaï reçut et qui lui permit d’accéder  à la grandeur.                                                                                                              
Avant de boire, il faudra donc remercier Hachem pour ces deux bontés et continuer  à Le remercier dans la joie jusqu’à ce que l’on en vienne à ne plus distinguer entre  les deux bontés que sont : la chute d’Hamane et l’élévation de Mordékhaï.  (Michna Broura)

   Le Rav Friedlander dans son Sifté H’ayim s’interroge sur cette étonnante mitsva :
Il est écrit dans le Choulh’ane Aroukh (dans une autre Halakha (690-15)) qu’à la  fin de la lecture de la méguila il faudra dire : « Arour Hamane(maudit est Hamane), Baroukh Mordékhaï(béni est Mordékhaï), Aroura Zerech(maudite est Zerech, la  femme d’Hamane), Béroukha Esther(Bénie est Esther), Arourim kol aréchayim (maudits soient les impies), Béroukhim kol aTsadikim(bénis soient les justes) Végam H’arbouna(et aussi H’arbouna :ennuque du roi) de mémoire bénie ».
Si nos Sages ont institué de conclure ainsi la Méguila c’est qu’il s’agit de l’essentiel
de du message de Pourim qu’il faudra graver dans nos esprits :
 Mordékhaï est béni  et Hamane est maudit.
Ainsi on peut se demander pourquoi d’autre part nos Sages ont institué de boire  au festin au point de confondre Béni est Mordékhaï et Maudit est Hamane: ces            
deux Halakhot (lois) semblent se contredire !?
Il existe un Midrach très étonnant qui contient la clé pour comprendre en profondeur le sens de la Mitsva de boire à Pourim.
Il est écrit dans Béréchit Raba (2-5) :
« Rabi Abahou a dit : au début de la création du monde, Hakadoch Baroukh Hou a regardé les actes des Tsadikim(justes) et les actes des Réchayim(méchants)… mais moi (dit Rabbi Abahou) je ne savais pas lesquels Il préférait. Cependant sachant qu’il est écrit : ’ Et D… vit que la lumière était bonne… ’ et que la lumière fait référence aux Tsadikim, cela montre que ce sont les actes des Tsadikim(justes) qu’Il aime et non ceux des Réchayim (méchants) ».
Comment comprendre que Rabi Abahou ait pu hésité, même un instant, sur les préférences d’Hachem entre les actes des Tsadikim et les actes des Réchayim ?
Le Rav Friedlander explique ce Midrach grâce à un principe que nous ont révélé nos Sages au sujet du fonctionnement du monde depuis la création.

Le but de la création est le Kidouch Hachem, c'est-à-dire faire honneur au nom d’Hachem comme il est dit dans Yéchaya (43-7) : « Tous les Tsadikim, appelés par mon nom, et tout ce que j’ai créé c’est pour mon honneur que je l’ai fait… » (expliqué par Rachi). Ainsi, puisque c’est le but de la création du monde alors TOUT doit forcément déboucher sur du Kidouch Hachem,que ce soient les actes des Tsadikim(justes) ou même ceux des Réchayim(méchants).
Les Tsadikim sont fidéles à Hachem et chacune de leurs actions est accomplie Léchem Chamayim(pour Son Nom), ils sont donc vecteurs de l’existence et de la grandeur d’Hachem dans le monde.
Les Réchayim par les punitions qu’ils reçoivent (qui, d’ailleurs, ne sont rien d’autre que les conséquences de leurs actes) participent aussi à la grande entreprise de Kidouch Hachem (sanctification du nom d’Hachem) en montrant au monde que le chemin qu’ils ont choisi n’est pas celui qu’il faut suivre.
Le Midrach Raba explique, d’après ce principe, les deux aspects de Kidouch Hachem que contenaient les miracles réalisés en Egypte : faire sortir les Bnei Israel afin qu’ils servent Hachem et fassent honneur à Son Nom et punir les Egyptiens pour le comportement qu’ils ont eu à leur égard.

                  Hamane et Mordekhai


Le Rav Dessler  reprend ce principe : la volonté d’Hachem finit toujours par s’accomplir, la seule question est de savoir si ce sera par le biais des Tsadikim et de leurs Mitsvot ou des Réchayim et de leurs tourments.
On comprend mieux maintenant les doutes de Rabbi Abahou au sujet des préférences d’Hachem entre les actes des Tsadikim ou ceux des Réchayim, car tous deux conduisent de toute façon à Sa Volonté.
Lorsqu’on analyse la Méguilat Esther on trouve aussi deux sortes de Kidouch Hachem : l’élévation de Mordékhaï et la chute d’Hamane.
Hamane a vu tous ses projets se retourner contre lui : Il a fait tuer Vachti mais a ainsi permis à Esther de monter au pouvoir ; il a voulu recevoir les plus grands honneurs de la part d’Ah’achvéroch mais c’est Mordékhaï qui les a reçus à sa place ; il lui a préparé une potence mais c’est lui et ses fils qui y furent pendus et Mordékhaï qui prit son poste auprès du roi… Quel Kidouch Hachem !
. Lorsqu’il est écrit : Un homme a l’obligation de s’enivrer à Pourim jusqu’à ce qu’il confonde « Arour Hamane » (maudit est Hamane) et « Baroukh Mordékhaï » (béni est Mordékhaï) ; il n’est pas question ici de boire au point de ne plus savoir lequel est béni et lequel est maudit h’as Véchalom, car au contraire c’est une leçon fondamentale et la conclusion de toute la Méguila.
Il s’agit, en fait, de confondre « Arour Hamane » : la chute d’Hamane et Baroukh Mordékhaï : la réussite de Mordékhaï (tel que l’explique le Michna Broura), c'est-à-dire de ne plus arriver à différencier les deux sortes de Kidouch Hachem, celui fait par Mordékhaï et celui fait par Hamane (si l’on peut s’exprimer ainsi).
On peut alors se demander pourquoi nos Sages  ont réservé un moment d’ivresse pour prendre conscience de ces deux sortes de Kidouch Hachem (sanctification du nom divin) : celui du Bien et celui du Mal; en effet si l’on avait réfléchi à cette notion, en étant sobre, ne serions nous pas parvenus à un bien meilleur niveau de compréhension de ce qu’est le Kidouch Hachem ?
Le Rav Friedlander répond que la prise de conscience que le Mal a son rôle à jouer dans l’oeuvre de la création du Monde et dans l’honneur à donner à Hachem, est assez dangereuse pour l’être humain s’il est sobre. Cela l’amènerait à donner de la valeur au mal et à s’y attacher (même contre son gré) alors qu’il doit le haïr et le fuir. (D’ailleurs Si Hachem a créé le sentiment de haine dans le coeur de l’homme c’est pour qu’il soit canalisé contre le Mal , le Yetser Ara (mauvais penchant), Amalek ,peuple qui incarne le Mal sur terre,…). Ainsi afin de réduire le danger spirituel de cette reconnaissance, les Sages ont ordonné de boire de  l’alcool dont l’effet est de rendre les choses plus légères, de telle façon que la Mal ne sorte pas grandi à nos yeux.
C’est notamment pour cette raison que nous lisons Parachat Zakhor ( : passage de la Torah qui enjoint d’effacer le souvenir d’Amalek) , afin d’ancrer en nous la gravité et l’ignominie des actes d’Amalek, d’Hamane: son descendant et de tous ceux qui s’attachent à eux. C’est seulement après cette préparation psychologique et spirituelle de Chabat Zakhor que l’on peut sereinement entrer dans Pourim et prendre conscience que même les méfaits d’Hamane ont participé au grand Kidouch Hachem de Pourim, sans risquer de donner une quelconque valeur au Mal.

Attention cette réflexion ne doit être entreprise qu’après quelques verres et surtout pas en état de sobriété : tout abus serait dangereux!


Yad Mordekhaï Institutions

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