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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

MAHLOQUET


                                                                le-sous-sol




Marc-Alain Ouaknin,
Le Livre brûlé,philosophie du Talmud


La Mahloquèt talmudique sera "dialectique transcendante", car l'Autre-homme du dialogue n'est pas un effet de style ; l'interlocuteur n'a pas pour rôle de mettre en valeur celui qui parle. La Mahloquèt, premier principe de dialogue du Talmud, est liée fondamentalement à une certaine conception de l'herméneutique et de la vérité. 


Le fait qu'un même texte puisse offrir d'innombrables interprétations implique qu'il n'y a pas d'interprétation «juste ». Ce qui conduit en fait à sortir de la logique binaire du vrai et du faux (de la logique grecque), pour entrer dans ce que nous appellerons la « logique du sens ».
Comme le formule très bien Nietzsche : « Il existe toutes sortes d'yeux... aussi, il y a en conséquence toutes sortes de vérités, et en conséquence, il n'y a aucune vérité. » Pour entrer véritablement dans la pensée talmudique, il faut, chaque fois qu'est affirmée une certitude, chercher l'affirmation opposée avec laquelle cette certitude est en rapport. La pensée talmudique, ainsi, ne cesse de s'opposer, sans jamais se contenter d'elle-même, sans jamais, non plus, se satisfaire de cette opposition.

A cette forme de pensée correspond une parole dont la modalité maintient l'exigence dynamique. Il s'agit, à nos yeux, de la « parole questionnante », de la question.
« La question est mouvement. Dans la simple structure grammaticale de l'interrogation, nous sentons déjà cette ouverture de la parole interrogeante ; il y a demande d'autre chose ; incomplète, la parole qui questionne affirme qu'elle n'est qu'une partie. La question est donc essentiellement partielle, elle est le lieu où la parole se donne toujours inachevée...

La question, si elle est parole inachevée, prend appui sur l'inachèvement. Elle n'est pas incomplète en tant que question, elle est au contraire la parole que le fait de se déclarer incomplète accomplit. La question replace dans le vide l'affirmation pleine, elle l'enrichit de ce vide préalable. Par la question, nous nous donnons la chose et nous nous donnons le vide qui nous permet de ne pas l'avoir encore ou de l'avoir comme désir de la pensée. »

La pensée talmudique est une pensée de la question, et ce n'est certainement pas par hasard si le premier mot du Talmud est justement une question :Méématai : «A partir de quand ? »


Rabbi Nahman de Braslav explique que l'espace interrelationnel de la Mahloquèt procède du Hallalhapanoui, nécessaire à la création. Dieu se retire; il laisse un « espace vide » (Hallal hapanoui) qui est essentiellement le lieu originaire de toutes les questions, car il comprend en lui-même la question des questions : l'Énigme! 
En effet : Dieu se retire : il est donc absent ! Mais peut-il exister quelque chose coupée de la vitalité que lui insuffle le divin ? Non! Dieu est donc présent. Yéch-vé-ayi»,« Être et néant » coexistent dans un même temps.  Lorsque deux Maîtres discutent ensemble, la relation procède de ce paradoxe, c'est ce qu'on appelle la Bina.  Il ne s'agit pas de qualité ou de capacité intellectuelles, mais d'une attitude relationnelle, de dialogue, qu'il faut maintenir.

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