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AVERTISSEMENT

Amis lecteurs
Je ne fais ce Blog que pour vous faire decouvrir les tresors du Judaisme
Aussi malgre le soin que j'apporte pour mettre le nom de l'auteur et la reference des illustrations sur tous ces textes , il se pourrait que ce soit insuffisant
Je prie donc les auteurs de me le faire savoir et le cas echeant j'enleverais immediatement tous leurs textes
Mon but etant de les faire connaitre uniquement pour la gloire de leurs Auteurs

TACHLICH



           " Tachlich " est un rituel fait d'eau, un élément vital.


Citée par de nombreux maîtres depuis l'époque du moyen âge, cette coutume consiste à se rendre à une source d'eau vive après la prière de Min'ha (prière de l'après-midi) de Roch Hachana.


Tachlich est une coutume observée partout où il y a des Juifs, qu'ils soient Séfarades ou Ashkénazes,même s'ils sont éloignés les uns des autres par des continents et par des siècles.

Rabbi Nosson Scherman a écrit " Tachlich ", Artscroll Mesorah Series, où il mentionne : " Tachlich apparaît comme une manifestation du génie d'Israël pour concevoir des manières de se perfectionnersoi-même dans le service envers Dieu ".

Ce rituel particulier n'est pas mentionné dans la Bible ni dans le Talmud. Sa référence imprimée la plus ancienne se trouve dans l'oeuvre de Rabbi Yaakov Molin (connu comme le Maharil, 1360 - 1427), celui qui donne corps au fondement biblique allusif à cette coutume symbolique dans les mots du prophète Miha (7:19) : " Et tu jetteras tous tes péchés dans les profondeurs de la mer ".

Le mot hébreu " Tachlich " signifie, en effet, " jetteras ". Et le rituel qui nous concerne constitue une claire mise en scène de cet acte de jeter.


Le premier jour de Roch Hachana en début de soirée, après le service religieux de la " min'ha " (sauf quand le premier jour de l'année coïncide avec Chabbat car dans ce cas les Ashkénazes repoussent la récitation du Tachlich au jour suivant), nous les Juifs nous nous réunissons au bord d'une rivière, un ruisseau, un lac, la mer ou tout autre extension d'eau courante.
Présence Divine, qui ne cesse jamais de veiller sur nous. En même temps, leur incapacité à se défendre face à un filet lancé dans l'eau constitue une bonne métaphore de notre propre désarmement lorsque nous sommes sans défense.
Là, debout, nous vidons nos poches remplies de mies de pain mises exprès dans ces dernières précédemment, et nous les jetons dans l'eau comme si elles incarnaient nos propres fautes, les erreurs commises tout au long de l'année qui vient tout juste de se terminer.
De cette manière, nous essayons de nous détacher de ces transgressions avec l'espoir de défaire ce que nous avons fait, avec l'aspiration de pouvoir réussir à être ce que nous sommes, ce que nous sommes véritablement capables d'être.


Une autre raison a été donnée pour soutenir cette coutume.
Le Midrach Tanhouma (Parachat Vaiera) nous apprend que quand Abraham a été défié par Dieu à travers l'épreuve décisive de sa vie, l'ordre divin de sacrifier son fils Isaac, cette épreuve envisageait, à la fois, que Satan ait carte blanche pour faire appel à tout moyen par lequel il pourrait arrêter notre premier patriarche en affaiblissant sa dévotion.

Après des échecs réitérés, Satan prend, finalement, la forme d'une rivière profonde constituant, de manière critique, des obstacles au chemin d'Abraham et d'Isaac. Cependant, père et fils s'enfoncent dans les eaux et seul Abraham demande de l'aide à Dieu quand, ayant de l'eau jusqu'au cou, il s'aperçoit qu'il ne pourra pas arriver à la destination fixée. Dieu intervient et la rivière disparait.

Mais, tel que l'affirme Rabbi Scherman, " ce fut la détermination d'Abraham qui a vaincu Satan… Dieu savait ce qu'Abraham ferait mais les êtres humains sont créés pour agir, et c'est pour cette raison,qu'Abraham devait traduire sa loyauté dans le langage de l'acte ".

Peut-être que cela vaut la peine de rappeler ici que le terme " Satan " signifie, littéralement, un obstacle, une adversité.
Ces mêmes eaux primordiales qui nourrissaient le Jardin d'Eden à travers une rivière qui se divisait, à son tour, en quatre branches : le Pichon, le Guihon, le Hidekel (le Tigre) et le Prat (Euphrate).
Ce véritable paradis était, ainsi, totalement indépendant des avatars du temps. D'un point de vue météorologique, puisqu'il se passait de toute pluie, et d'un point de vue chronologique, dans la mesure où
même là la finitude ne régnait pas.
C'était en vertu de ce " cordon ombilicale " qui le nourrissait que le jardin d'Eden s'assurait sa croissance constante.


Cette image paradisiaque ressemble ainsi à celle de l'utérus inépuisablement ravitailleur, abondant en liquide amniotique, qui nous a logés et nourris pendant neuf mois avant notre propre naissance.
La coupe du cordon ombilicale pourrait bien être la métaphore, alors, de l'expulsion d'Adam et Eve, leur jet ou expulsion, d'un seul coup, de ce lieu idyllique. Et leur pérégrination au travers de la vie à partir de là en essayant d'éviter des obstacles.
Les eaux de Tachlich nous sont offertes comme une occasion pour entreprendre un processus de transformation, de rénovation et de renaissance.

Ce n'est pas par hasard que Rabbi Iehiel Meir de Gostinin ait refusé d'apprendre à jouer aux échecs, en fondant sa justification avec les mots suivants : " On m'a dit que dans ce jeu je ne peux pas me rétracter d'un mouvement erroné, et moi je crois que la techouva (le véritable repentir, le retour authentique) peut défaire n'importe quel mauvais mouvement ".
En réalisant la cérémonie de Tachlich nous nous voyons dans le besoin de nous incliner sur les eaux dans lesquelles nous jetterons symboliquement nos fautes. Et inévitablement nous ferons face à nos propres visages reflétés en elles.
Ainsi, il y a ceux qui, comme dans le cas de Benjamin Mandelbaum, interprètent le " Tachlich " comme une déconstruction du mythe de Narcisse. Ce personnage particulier, amoureux de sa propre image, tombe dans l'eau et meurt après avoir prétendu s'être approprié de son reflet.


Durant ces jours intenses de Yamim Noraim, où nous sommes confrontés à notre propre image, à la lumière du jugement divin, nous la percevrons sûrement fissurée et manquée, comme à travers un miroir cassé.

Tachlich, ce rituel fait d'eau et un peu plus, nous offre la possibilité de transformer nos erreurs en des miettes de régénération.

Dieu veut que cette fois nous puissions commencer à nouveau.

jccenters.org

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